
…ou « Les pensées d’un capitaine désabusé à bord d’un vaisseau perdu à la dérive », mais ça commençait à être long.
(Préambule) Voici donc un essai, un peu comme un vlog écrit plutôt que filmé, peut-être le premier d’une série, où j’exprime tout simplement mes pensées et réflexions sur divers sujets généralement pas légers. Ce sont des écrits très personnels et il se peut que par moment vous soyez confronté à des facettes plus inusitées de ma personne que j’ai tendance à enfouir profondément dans ma conscience. Ces écrits n’ont pas la prétention de se vouloir objectifs : c’est simplement mon point de vue et mes pensées, que ça vous plaise ou non. L’opinion publique ne m’effraie guère de toute façon. Certes, je ne m’avancerai pas sur des sujets dont je suis mal renseigné; je sais très bien qu’il est impossible d’avoir la science infuse. Ça ne veut pas dire que je suis fermé à toute discussion, bien au contraire, mais je souhaitais simplement être clair sur la nature de ce texte et que vous la preniez en considération avant de commenter quoi que ce soit.
Assez tôt dans ma vie, j’avais déjà le sentiment d’être, en quelque sorte, un étranger dans ce monde. Pendant longtemps, j’ai mis ça sur le compte de ma maladie qui me faisait vivre des situations que la grande majorité des jeunes de mon âge ne vivraient jamais. Pas besoin de vous expliquer ce qu’il advient de ceux qui sortent du lot auprès des jeunes qui vivent dans une société où on leur inculque la peur de l’inconnu. Maintenant, je sais que c’est beaucoup plus complexe que ça. Néanmoins, elle en fut en partie à l’origine, m’ayant fait prendre un embranchement que la plupart n’empruntent pas… un embranchement menant sur une route certes parallèle, mais qui ne fait que s’éloigner de l’autre à un point tel que j’ai le sentiment d’être perdu entre les étoiles, la Terre étant très petite à l’horizon. En fait, au début je croyais que c’était ma route qui s’éloignait de l’autre… puis j’ai compris que c’était le contraire.
Ce sentiment, c’est seulement une autre façon d’exprimer comment je me sens face au monde qui m’entoure. Non, il n’est pas question ici de devenir astronaute, bien que je ne dirais pas non à une visite du système solaire. À part, en marge, étranger, distant, exaspéré… ce monde ne semble pas être le mien, et ce, de moins en moins. Par « monde », je n’entends pas mes proches et mon entourage de manière générale, mais bien le reste, cette civilisation ignorante et autodestructrice, parce que c’est ce qu’elle est. La société québécoise n’y fait pas exception.
Quand j’ai pris conscience de cette réalité, je m’en suis indigné, j’en ai parlé aux autres et la plupart des réponses allaient comme suit : « t’exagères », « mais t’es bin pessimiste », « Kin, c’est rendu que tu crois aux conspirations? », « boff, qu’est-ce qu’on peut y faire, hen? », « ârrh, parles-moé pas de t’ça », « arrêtes de croire n’importe quoi », « parles pas d’affaires qui te dépassent »… À la longue, à force de voir que la plupart préfère ignorer tout ça ou bien ne rien remettre en question, voire même me tourner au ridicule, j’ai bien vu que je me battais contre des moulins à vent pour qui il est plus sécurisant de penser que tout va bien et que tout le monde est gentil avec tout le monde. Même des plus jeunes que moi viennent me dire que c’est moi qui ne comprends pas comment le monde fonctionne, comme si j’étais un vieux issu d’une époque révolue (ou un sombre crétin, c’est au choix)… Sidéré par ce spectacle absurde, j’avais eu ma dose.
Alors, mentalement, j’ai embarqué dans mon vaisseau, j’ai quitté la Terre et, une fois rendu à une distance suffisante, j’ai coupé les moteurs et depuis je suis en orbite, perdu entre les étoiles et les constellations… tel un spectateur. Parfois je m’ennuie et je fais une petite gaffe : je prends une petite navette pour faire un tour à la surface et après je retourne illico à mon vaisseau, m’étant souvenu pourquoi j’étais parti. C’est vrai, il n’y a rien à faire : avec des populations dociles, endoctrinées et amorphes, c’est un rêve de penser qu’on puisse y changer quoi que ce soit.
Non, je ne sens pas que j’appartiens à cette société, à cette culture, à cette civilisation, à cette espèce. Un loup parmi les moutons. Oui, je sais que mon amertume vis-à-vis ce monde à tendance à en offusquer plus d’un, mon franc-parler à tendance à me faire des ennemis, à me mettre dans’ marde comme on dit… mais, comme l’auteur belge Georges Simenon, je préfère être détesté pour ce que je suis plutôt que d’être aimé pour ce que je ne suis pas. Si les gens se complaisent dans le mensonge et les faux semblants, tant pis pour eux. Malheureusement pour moi, comme je ne dispose pas des technologies nécessaires pour partir m’installer sur une nouvelle planète et ainsi fuir ce monde qui me répugne, je dois donc m’adapter sans me dénaturer… ce qui n’est pas une chose aisée. Heureusement, je ne suis pas complètement seul dans cette histoire. Il faut quand même voir le bon côté des choses, même si le tableau que j’ai dressé ici est très sombre.
Alors voilà… This is why I feel like I’m lost between stars.
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